Le maire de Mours démissionnera si le RN prend le pouvoir

Le maire de Mours démissionnera si le RN prend le pouvoir

 

Joël Bouchez, maire de Mours depuis 2008, a annoncé son intention de quitter son poste si le Rassemblement national obtenait la majorité absolue à l’Assemblée nationale lors des élections législatives, les 30 juin et 7 juillet.

La ville de Mours s’apprête à vivre un grand évènement le samedi 21 juin (10 h) : l’inauguration du nouveau groupe scolaire Jacques-Prévert, l’école de demain, dont la conception est une réussite exemplaire de la transition écologique à mettre au crédit de la municipalité malgré de nombreux obstacles. Malheureusement, elle aura lieu sans la présence du préfet, de représentants de l’Éducation nationale et de corps constitués sous le prétexte que nous sommes dans la période de la campagne pour les élections législatives.

Les résultats des élections européennes dans la commune qu’il administre depuis 2008 ont provoqué une réaction très forte de la part de Joël Bouchez visant aussi à créer un électrochoc chez les Moursiens. Dans un éditorial publié sur le site Internet de la ville, le maire (sans étiquette) annonce qu’il démissionnera de son poste si le Rassemblement national (RN) obtient une majorité absolue à l’Assemblée nationale au terme des deux tours, les 30 juin et 7 juillet. À Mours, où le taux de participation aux Européennes a été de 54,26 %, Jordan Bardella a signé le meilleur score avec 227 voix (37,09 %). Au total, l’extrême droite atteint 43 % des suffrages.

« Je n’ai pas hésité un seul instant à écrire ce texte (cliquez sur le lien à la fin de l’article pour le lire dans son intégralité) pour m’adresser aux Moursiens, il m’a juste fallu un moment de réflexion pour voir comme tourner ça », dit-il. Au détour de l’interview, un mot revient : l’honneur. Une vertu devenue très rare en politique. « Le maire est le représentant du préfet dans sa commune, il doit appliquer les décisions du Gouvernement. On est en République, le maire ne doit pas remettre en cause les décisions gouvernementales. Dans ce cas, comment rester (en cas de succès du RN) ? L’honneur me l’interdit. Pour faire un parallèle, je ne veux pas attendre qu’on nous fasse des lois comme en 1940 pour dire : ‘’ Non, je ne suis pas d’accord, trop c’est trop’’. Il faut se rendre compte que des limites sont franchies. Des maires m’ont dit : ‘’Tu as bien fait’’. Mais j’aurais aimé ne pas être le seul à crier dans le désert. »

Légèrement supérieur au résultat national (31,37 %), le score   réalisé par le RN à Mours est l’un des plus élevés dans le Haut Val-d’Oise avec ceux de Bernes et de Bruyères. Un choc pour l’édile. « Je ne comprends pas ce vote du pire. Nous n’avons pas de problème d’insécurité. On a construit, beaucoup de jeunes venus de la proche banlieue parisienne ont trouvé ici un endroit où il n’y a pas de surpopulation et de précarité. Dans la commune, 99 % des gens sont propriétaires. Bien sûr, comme partout il y a les difficultés de la vie, les problèmes de santé, le chômage… J’ai eu deux dossiers à traiter en CCAS (Centre communal d’action sociale), avec des locataires pour essentiellement des factures d’eau impayées. Il faut arrêter de se plaindre. »

Entré au conseil municipal en 1989, Joël Bouchez compte 35 années de vie publique, dont 16 comme maire. La lassitude pèse d’autant que « notre rôle est de plus en plus difficile. Les gens sont toujours en train de se plaindre pour tout et n’importe quoi », dit-il en citant l’exemple d’un problème de stationnement avec un habitant dont l’affaire est actuellement en justice.

En cas de prise du pouvoir du RN, il démissionnera de son poste de maire mais demeurera, dit-il au conseil municipal. « Mon départ du conseil municipal entrainerait des élections, ce qui pourrait stopper plusieurs projets pendant plusieurs mois et mettre en difficulté mon équipe. Cela ne sera pas le cas ».

. Cliquez sur ce lien pour lire l’éditorial de Joël Bouchez : https://www.mours.fr/ma-commune/vie-municipale/le-mot-du-maire/