Avec les Restos du cœur, l’été à Persan c’est aussi la chaleur humaine

Avec les Restos du cœur, l’été à Persan c’est aussi la chaleur humaine

 

Tous les vendredis, la maraude des Restos du cœur distribue de la nourriture et des sourires aux personnes en situation de précarité, à Persan, près du pont de l’Oise puis sur le parking de la gare.

Chaque vendredi, vers 18 heures, la camionnette des Restos du cœur stationne sur les berges de l’Oise, tout près du pont, à Persan. En fin de soirée, elle se déplace en direction du parking de la gare où elle est reste parfois jusqu’à 23 h 30. Vendredi 17 août, la maraude était composée de Michel, Laurence, Viviane, Gwenaëlle et Nicolas. Anciens comme Laurence et Michel, ou nouvelle comme Gwenaëlle, ils ont tous le cœur si large qu’on peut y entrer sans frapper… « Le centre de Persan des Restos du cœur est fermé en juillet et en août, nous sommes une sorte de centre de secours, explique Michel, le responsable du groupe. Tous les jours de la semaine sauf le week-end, on rayonne sur tout le Val-d’Oise. »

Viviane sert le café sous le regard de Michel (photo J.-L. G.).

 

« Michel, tu peux me servir un café, s’il te plaît ? » « Laurence, tu penses que ce tee-shirt me va ? » Le couple Dornadic est connu, apprécié pour sa gentillesse, son investissement, sa bienveillance envers les personnes démunies. « Sur Persan, on reçoit environ 80 personnes. Autrefois, on se rendait aussi à Beaumont, devant la mairie et sur le parking du cimetière, mais peu après les élections (en 2014), la nouvelle municipalité n’a pas voulu que l’on reste. On avait déjà un point de distribution à la gare de Persan, avec l’accord de la Ville nous nous sommes installés près de l’Oise. En traversant seulement le pont, on ne s’est pas éloignés des gens de Beaumont. »

Michel est le responsable de la maraude (photo J.-L. G.).

 

La société de restauration Sodexho offre 10 000 repas aux Restos du cœur dans le Val-d’Oise. A Persan, ils sont destinés, avec des vêtements, aux personnes précaires qui ont un appartement. La maraude distribue également des colis de nourriture (vendredi 17, c’était salade thon, biscuits, compote) aux sans-abris qui viennent à sa rencontre. « Ils dorment sous le pont, dans la forêt. On s’assoie, on parle, on s’aperçoit que certaines personnes n’ont pas bouffé depuis trois jours, quand on creuse on comprend qu’elles sont désespérance », témoigne Michel dont le visage se fige, submergé par l’émotion. Il se ressaisit vite. Le travail ne manque pas. L’aide est indissociable de l’écoute et du réconfort. « On cherche à savoir s’ils ont besoin de soins, d’être orienté vers une assistante sociale, de papiers, on se préoccupe de leur hygiène… énumère-t-il. Pour les soins, on fait appel à la maraude de la Croix-Rouge. Nous faisons partie du réseau Espérer 95 (acteur social important du Val-d’Oise) en lien avec le Samu social (le 115), avec des policiers qui interviennent auprès personnes ayant subi des violences. On sait qui faire intervenir en cas de situation exceptionnelle. »

Nicolas, Gwenaëlle et Laurence, bénévoles des Restos (ambulants) du cœur (photo J.-L. G.).

 

La maraude a besoin de bras et encore d’autres cœurs ouverts aux plus démunis. « On explique aux volontaires la mission, le niveau d’engagement nécessaire est une tournée tous les quinze jours », raconte Michel, chargé du recrutement. L’été, les sourires sont présents. « Revenez-nous voir l’hiver, nous suggère-t-il, quand il fait très froid… »

. Contact : micheldornadic@sfr.fr