Avec la disparition de Christian Lambert, le 2 juillet, à l’âge de 80 ans, c’est une grande figure beaumontoise qui s’en est allée, un super flic En 1946, l’année de sa naissance, son père René Lambert était nommé commissaire de police à Beaumont et restera à ce poste jusqu’en 1969 (pendant sa retraite, il occupa la présidence de la section cyclisme de l’UMOB).
« Dans ces années-là, l'école Louis-Roussel n'accueillait que des garçons, depuis le CP jusqu'au cours complémentaire. Toutes les classes d'âge s'y côtoyaient dans la cour de recréation et nombreux sont les beaumontois qui, comme moi, se souviennent encore de celui que l'on appelait "le fils du commissaire ", rapporte Fabrice Millereau. En 2014 pour l’inauguration de l’hôtel de ville après sa rénovation, il accepta mon invitation, en toute amitié. C'est la dernière fois que nous nous sommes vus », raconte l'ancien maire de la commune. L’épouse de Christian Lambert fut cadre à l’hôpital de Beaumont pendant de nombreuses années.
À 22 ans, Christian Lambert est engagé volontaire à la brigade des sapeurs-pompiers de Paris. Il décide de suivre les traces de son père, en dans la police comme gardien de la paix, et gravit les échelons : inspecteur puis commissaire. Entré à la PJ, il participe, en 1973, à l’arrestation de Jacques Mesrine dans l’équipe du commissaire Robert Broussard.
Christian Lambert poursuit son ascension. Nommé adjoint au chef du RAID, il prend part à l’intervention de la prise d’otages de Neuilly, en 1993 (s’ensuivra une amitié avec Nicolas Sarkozy). Il est promu chef du RAID en 2002. L’année suivante, préfet délégué pour la sécurité en Corse, il supervise des opérations conduisant à l’interpellation d’Yvan Colonna. Par la suite, il dirige les CRS, devient directeur du cabinet du préfet de police de Paris. Nicolas Sarkozy, alors président de la République, le nomme préfet de Seine-Saint-Denis (de 2010 à 2013), où il laissera un très bon souvenir aux élus de gauche majoritaires dans ce département. Il finit sa brillante carrière en 2017 comme directeur de la sécurité à la SNCF.
Pour le Syndicat des commissaires de la police nationale, Christian Lambert « incarnait le courage, le sang-froid, le sens du commandement, l’humilité, la fidélité à l’État et cette noblesse qui marquent les grandes figures de la Police nationale ».