En cheminant dans son parc agrégé d’un beau soleil hivernal et en entrant dans la magnifique salle de réception du château, avec ses ornements, ses lustres majestueux, dans la matinée du samedi 25 janvier, les Saint-Martinois, si fiers de leur patrimoine, savaient qu’ils allaient assister aux derniers vœux de leur maire. Thierry Pichery les avait récemment informés de sa décision de ne pas se présenter aux élections municipales les 15 et 22 mars. Septuagénaire dans quelques jours, il estime que « solliciter un nouveau mandat sans la certitude de pouvoir l’honorer pleinement jusqu’à son terme me semblerait irresponsable. » Il a choisi l’intérêt de la commune au sien (il avait déjà réduit ses indemnités de maire il y a six ans). Et s’il ne voulait pas s’engager « dans une démarche qui consisterait à quitter mon poste en cours de mandat pour laisser ma place à un adjoint », il soutiendra l’actuelle numéro 3 du conseil municipal (déléguée aux affaires sociales et à la petite enfance), Nathalie Benyahia, en figurant sur sa liste, « en dernière ou avant-dernière position ».
Devant un auditoire nombreux, en présence de la souriante députée Ayda Hadizadeh, Thierry Pichery est revenu sur les difficultés qui ont émaillé ses moins de six années passées à la tête de la municipalité. Difficultés d’abord partagées par tous lors de la pandémie sanitaire au printemps 2020. Et peu après, afin de préserver l’équilibre budgétaire face à la flambée des coûts des énergies et des matériaux, la suspension de certains projets faute de capacité d’autofinancement. Il y eut aussi l’inconnu lié à la l’annulation des élections de 2020 par le Conseil d’État, interrompant son action en novembre 2021 avant de sortir vainqueur d’un nouveau scrutin en janvier 2022.
« Si ce mandat n’a pas toujours été simple, il m’a permis de faire de très belles rencontres, s’est-il réjoui. Je mesure la chance de faire partie des 35 % des maires à ne pas avoir été confrontés à des incivilités ou à des violences, et aux 92 % des maires à ne pas avoir subi des agressions physiques. Ce n’est pas pour ça que personne n’est venu me voir dans mon bureau pour rouspéter. Mais je ne me suis jamais senti agressé. »

Les deux réalisations qui lui tiennent particulièrement à cœur amélioreront la vie des familles. Les jeunes parents et leurs enfants avec l’agrandissement et la rénovation du centre de loisirs qui permettra l’accueil dès 3 ans (au lieu de 4 ans actuellement). La structure regroupant les communes de Belloy, Saint-Martin et Villaines, l’Association des centres de loisirs et de vacances de l’enfance de Carnelle en prendra possession dès le mois de février.
Et l’évènement de la création du complexe Roger-Dufour, maire de Saint-Martin entre 1995 à 2014, d’une superficie de 400 m², incluant une salle polyvalente de 100 m² et une ludothèque intergénérationnelle, avec un espace d’éveil et une salle de change, un bureau, des sanitaires. L’édile a souligné que la ludothèque (pourvue de 400 jeux) valorisera le jeu comme un outil culturel, éducatif et social en organisant des évènements (soirées à thèmes, rencontre avec des créateurs de jeux…) et en collaborant avec les deux écoles, des centres de loisirs, des structures médicosociales, assistantes maternelles, associations…
Thierry Pichery laissera un héritage de son mandat au moment de passer le relais. S’il s’en va, l’emblématique Pier-Carlo Businelli, 1er adjoint délégué aux finances, aux marchés publics et à l’urbanisme, est candidat à la poursuite de son bail municipal aux côtés de Nathalie Benyahia.