Organisé pour la troisième année consécutive, le gala de MMA a attiré 1 200 spectateurs à la salle Léo-Lagrange, à Beaumont, dans la soirée du samedi 1er novembre. Récit d'une soirée spéciale.
Légalisé en compétition depuis 2020, le MMA (Mixed martial arts) s’est installé à Beaumont, sans doute durablement. Ce troisième Cage fight Beaumont, après ceux en 2023 et 2024, a attiré la grande foule dans la soirée du samedi 1er novembre. De longues files d’attente s’étaient formées sur le trottoir, face à la salle Léo-Lagrange qui faisait le plein : 1 200 spectateurs répartis dans la tribune amovible et autour du ring.
À l’entrée, ils sont contrôlés par des membres du service de sécurité qui officient au Parc des princes pour les matchs du PSG. Des armoires à glace. Le ton est donné. L’organisateur est Yacin Berrabah, un ancien champion du monde de kickboxing, originaire de Persan. Les services techniques de la ville de Beaumont ont configuré la salle en mode gala. Le speaker donne de la voix, les jeux de lumière traversent la cage. Dix-huit combats sont à l’affiche.

Un combattant venu de Pontoise semble mener aux points. Mais, soudainement, il subit la foudre de son adversaire. Il met plusieurs minutes avant de retrouver ses esprits, sous la surveillance d’une médecin. Il se relève et, retrouvant sa lucidité, il s’adresse au public : « Le combat, on s’en fout. » Il rend hommage au « petit Rayane », tué un mois auparavant, jour pour jour. « Ne lisez pas les conneries sur les réseaux. Dans la cité de Marcouville, on marche la main dans la main, on est tous unis », insiste-t-il. Le public l’applaudit.
Des morceaux de rap rythment l’intermède entre les combats. Certains entrent dans la cage en effectuant quelques pas de danse. Presque tous en ressortent dans un état d’épuisement total.

La formule d’un combat est de trois reprises de trois minutes chacune sous l’œil expert d’un arbitre de l’Officiel France grappeling (lutte par saisie). Les différentes catégories de poids défilent. Au fil de la soirée, les combattants sont plus athlétiques, plus expérimentés.
Kamel Chouaref est installé au premier rang de la tribune VIP, à côté du maire de Beaumont, Jean-Michel Aparicio. Il a 55 ans, présente un palmarès exceptionnel : 15 fois champion du monde dans les boxes pieds-poings (savate-boxe française, kickboxing américain, full-contact), 135 combats disputés, 130 victoires (88 par K.O.), 1 nul et 4 défaites. « Monsieur 100 000 volts » est présenté dans la cage. C’est un homme avenant, souriant, qu’on appelait aussi « le Mozart de la Savate ». Après sa carrière, il a coaché le GIGN.
Deux poids lourds s’affrontent : l’un pèse 113 kilos, l’autre 119. Puis, surprise, deux poids vraiment très plume, deux enfants de 10 et 11 ans du BSO Beaumont, encadré par Alexandre Bordin, effectuent une démonstration sans jugement rendu. Ils adoptent les codes de leur aînés, le vainqueur « officieux » lève le bras de son adversaire. Dans le MMA, férocité et respect sont indissociables.

Il est 23 heures. L’ultime combat, l’unique chez les professionnels, en moins de 105 kilos, met en scène notre champion, Karrar Hammodi, 39 ans, habitant Bruyères, membre du club multi-boxing de Persan, salarié de l’entreprise Cercle vert, à Beaumont, qui le soutient inlassablement. Il est opposé à Felix Polianidis qui entre dans l’arène sur l’air célèbre de sirtakis, la danse de Zorba le Grec. Le speaker chauffe le public et Karrar Hammodi se fait attendre pour, lui aussi, faire monter la température. C’est un menhir. Un drapeau bleu-blanc-rouge déborde de son cou de taureau. Polianidis a 46 ans, sa dernière victoire remonte à 2020... Il y a un an, Hammodi a mis KO le Polonais Pilarczyk en moins d’une minute. Le même sort est réservé à Polianidis. Dans un vestiaire improvisé, on l’aperçoit seul, se tenir sa tête cabossée pendant que Hammodi, salué par ses fans, reste humble. « J’aurais aimé que ça dure plus longtemps », pour qu’ils profitent du spectacle. Il dit aussi : « Je me suis entrainé très dur pour ce combat. » Lui seul sait les sacrifices consentis pour expédier en un rien de temps ce faux Zorba le Grec.