Louis Roussel, un « maire mythique » de Beaumont, en conférence

Louis Roussel, un « maire mythique » de Beaumont, en conférence

 

La première conférence de l’année au Cercle beaumontois du patrimoine se déroulera le vendredi 24 janvier (20 h), à la Maison des associations Jacques Laridan (1, rue Duquesnel) et sera animée par Fabrice Millereau, vice-président de l’association et ancien maire de Beaumont (1989 à 2014).

Il évoquera l’un de ses lointains successeurs, Louis Roussel, né en 1876, qui administra la commune de 1935 à sa mort en 1952, c’est-à-dire avant, pendant et après la guerre.

Pour beaucoup d’habitants, Louis Roussel est le nom de la plus ancienne école élémentaire de Beaumont. Selon Fabrice Millereau, ce membre éminent du SFIO (Section française de l’internationale ouvrière) et du syndicalisme enseignant, fondateur du Syndicat national des instituteurs, a « toujours été un mythe à Beaumont », d’où sa volonté de lui consacrer un livre (le douzième sur l’histoire de sa ville) dont il est, aujourd’hui, parvenu à mi-rédaction. « Au Cercle, il nous est apparu intéressant de faire partager par une conférence le fruit des recherches qui m’ont amené à concrétiser ce projet de livre, raconte Fabrice Millereau. Je parlerai de la première partie de la vie publique de Louis Roussel. Je me suis appuyé sur beaucoup de documents originaux, issus des archives municipales et départementales, et aussi de la thèse d’un étudiant sur l’année 1936 à Beaumont et à Persan. À travers leur maire, c’est aussi l’histoire des Beaumontois pendant toute cette période ».

La plus sensible est naturellement la période de l’occupation à Beaumont pour laquelle Fabrice Millereau tente de répondre à certaines interrogations. « Robert Masse, qui fut maire-adjoint, et Léon Siméon, le successeur de Louis Roussel, ont fait de la résistance active. Cela n’a pas été le cas de Louis Roussel, mais s’il a été reconduit dans ses fonctions par le Comité de libération, à la fin de la guerre, c’est sûrement parce qu’il a fait beaucoup de résistance passive. »

Fabrice Millereau fonde cette hypothèse sur un exemple significatif de l’action de Louis Roussel : « Sûrement a-t-il fourni des faux-papiers à de nombreux juifs. Il en a déclaré seulement six à Beaumont, et hormis le docteur Jacques Touati, qui a rejoint de Gaulle et est mort pendant la campagne de France, tous ont passé la guerre dans la commune sans être inquiétés. »