Le Bois-Hourdy s’invite à Beaumont

Le Bois-Hourdy s’invite à Beaumont

 

Les historiens du Cercle beaumontois du patrimoine sont remontés jusqu’à l’Antiquité pour évoquer, devant les « Béhourdiens », les origines du Bois-Hourdy, la grande fête de Chambly.

 

Une grande première : les responsables du Comité du Bois-Hourdy (dont la 769e édition se déroulera du 28 février au 5 mars) ont participé à une conférence sur la fête légendaire à l’extérieur de Chambly, leurs écharpes rouges et blanches autour du cou. Oh, pas bien loin ! A quelques kilomètres de chez eux, à la Maison des associations de Beaumont, le vendredi 27 janvier. Cependant la démarche est symbolique. Elle s’inscrit dans l’amical partage de leur patrimoine qu’ils sauvegardent passionnément, avec une association, le Cercle beaumontois du patrimoine. Cette dernière compte dans ses rangs des férus d’histoire et même une historienne de formation : Laurence Dumesnil, Beaumontoise et directrice de l’école élémentaire Roger-Salengro à Chambly. « C’est une sorte de défi de présenter une fête camblysienne à Beaumont », soulignait Marie-Camille Svetovidoff, la présidente du Cercle, en introduisant la soirée. Sa collègue Marlène Herlem, professeur d'histoire-géographie, est allée très loin dans ses recherches. « On a une trace de cette fête dès l’antiquité, avec la Fête des Brandons chez les Romains. Autre hypothèse, des fêtes germaniques, relevait-t-elle également. Au Moyen-Âge, on parle de la fête des Béhourdis ; en Picardie, elle a lieu le 25 juillet, puis le premier dimanche de Carême. Les dates et les traditions diffèrent selon les régions. Parfois, les paysans apostrophent les arbres, menacent de les couper par les pieds s’ils ne donnent pas de fruits. Chambly est l’une des plus vieilles villes de France, au VIe siècle c’est une ville importante. En 1248, des bûchers et des tournois de chevaliers ont lieu sous les murs de Chambly. »

 

De gauche à droite : Mégane Martin, Christian Piocelle et Jean-Luc Ledez, du Comité du Bois-Hourdy, entonnent la « Chanson du Bois-Hourdy (photo J.-L. G.).

 

Laurence Dumesnil prenait le relais de cette évocation à partir du XVIIIe siècle, en s’appuyant notamment sur un Précis statistique sur le canton de Neuilly-en-Thelle datant de 1842. Premiers feux de joie en 1754 pour se réjouir de l’amélioration de la santé de Louis XV. Première mention du char de la déesse en 1793. Début 1800, interdiction de faire du feu. 1830, cortège, cavalcade, salve de tirs au pistolet, bal… « Il existe la notion de faire du bruit », notait-t-elle en racontant que lors de la Fête du Bois-Hourdy elle incite ses élèves à en faire de même avec des objets de leur confection. 1875, apparition du chemin de fer qui déverse flots de visiteurs à Chambly. 1893, apparition du bonhomme de paille. « La musique a remplacé le bruit », disait-t-elle avant passer le micro aux « contemporains ». C’est-à-dire, les « Béhourdiens » eux-mêmes, Jean-Luc Ledez à leur tête, qui relataient la fête en ce début de XXIe siècle. Cerise sur le gâteau, Christian Piocelle, l’homme qui réveille les Camblysiens dès 5 heures du matin, depuis quarante-trois ans, entonnait la « Chanson du Bois-Hourdy », reprise en chœur par l’assistance. « Merci de votre intérêt pour notre fête, on a appris pas mal de choses », se réjouissait Jean-Luc Ledez. Il appréciait également le film du Beaumontois Florent David réalisé sur l’édition de 2016 et présentée le lendemain à la Bibliothèque municipale. Le réalisateur espère pouvoir le présenter prochainement au Beaumont Palace.

Cette conférence à voix multiples sera présentée aux Camblysiens le vendredi 10 février (20 heures) à l’espace François Mitterrand, près de l’Hôtel de Ville. Le député Michel Françaix a annoncé sa présence.